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Chirurgie maxillo-faciale

Chirurgie maxillo-faciale

Le 29.04.26

La chirurgie maxillo-faciale est l’une des disciplines les plus précises, où l’apparence et la fonction se rejoignent pour chaque patient et patiente. En passant par la modélisation, pour créer une simulation de l’intervention sur des logiciels adaptés, aux impressions 3D du crâne et des supports, afin d’atteindre une stratégie opératoire optimale et de réduire le temps d’intervention. Ce parcours est indispensable pour obtenir un résultat fonctionnel et esthétique.

Ce mercredi 29 avril 2026, nous avons eu le privilège d’accueillir le professeur Paolo Scolozzi, médecin-chef du Service de chirurgie maxillo-faciale des HUG et professeur à la Faculté de médecine de l’UNIGE, pour une conférence passionnante à l’École d’Horlogerie de Genève.

Il se trouve qu’une jeune collègue de notre président a été opérée avec succès par ce chirurgien, véritablement dévoué à son art. C’est ainsi qu’est née l’idée de l’inviter afin qu’il fasse découvrir son métier à nos sociétaires.

En préambule, notre orateur nous expose comment est née cette spécialité chirurgicale, lors du traitement des soldats défigurés pendant la Première Guerre mondiale. À l’époque, des médecins ORL et des dentistes ont imaginé divers dispositifs médicaux, comme le casque AMEX, servant à immobiliser les fractures de la mâchoire le temps que les os se ressoudent.

Sous l’impulsion d’anciens soldats français, qui créent l’association des Gueules cassées en 1921, les blessés défigurés reçoivent une assistance morale et matérielle. En 1958, les fondateurs de l’Association pour l’ostéosynthèse (AO) confient à l’industriel Robert Mathys l’usinage de vis en acier inoxydable, encore utilisées de nos jours pour fixer les prothèses en chirurgie.

Désormais, la chirurgie maxillo-faciale est une spécialité médicale reconnue et enseignée dans le monde entier. Elle concerne la reconstruction du visage de patients défigurés, par exemple à la suite d’un accident ou d’une maladie. Elle peut également relever de la chirurgie esthétique visant à corriger une malformation congénitale.

Tout comme Léonard de Vinci ou Michel-Ange, qui ont étudié les proportions idéales du visage afin de les représenter dans leurs peintures ou leurs sculptures, le professeur s’est intéressé à la théorie des tiers du visage ainsi qu’à d’autres règles artistiques. Ainsi, le visage de la reine Néfertiti représenterait encore aujourd’hui un idéal de beauté de référence. En effet, son travail comporte également une dimension artistique, puisqu’il réalise, à partir de radiographies, un tracé permettant d’obtenir un profil harmonieux.

Le travail du chirurgien maxillo-facial semble se concentrer principalement sur l’ossature du patient, en particulier le crâne, la mâchoire et la dentition. Les images tridimensionnelles obtenues grâce aux scanners modernes, ainsi que les logiciels de conception récents, permettent de préparer l’opération, de créer une modélisation en 3D et d’imprimer des prothèses en titane.

Une opération, dont nous avons pu observer la difficulté dans une vidéo (âmes sensibles s’abstenir), consiste à percer des trous destinés aux vis, par exemple dans la mâchoire inférieure du patient. Afin de garantir une position précise, le chirurgien utilise un gabarit, c’est-à-dire une plaque en titane imprimé, avec des orifices servant à guider le foret.

Après avoir découpé les os à l’aide d’une scie à ultrasons, le chirurgien repositionne précisément la mâchoire au moyen d’une seconde plaque percée aux emplacements destinés aux vis de fixation. Cette plaque reste en place après l’opération afin d’immobiliser l’ossature, le temps qu’elle se ressoude.

Nous avons vu de nombreux exemples très intéressants, comme le cas d’un patient africain dont un segment du péroné a été prélevé afin de reconstruire sa mâchoire, détruite par une tumeur, bénigne, mais particulièrement importante.

Ce métier évolue en permanence grâce à l’imagerie médicale et à l’impression 3D, mais aussi grâce à d’autres avancées technologiques. Par exemple, une technologie inspirée du GPS permet de scanner le crâne du patient en 3D avec une grande précision, de guider les gestes du chirurgien, puis de vérifier la qualité de l’intervention à l’aide d’un dernier scanner avant le réveil du patient.

Un autre exemple est la réalité augmentée, où l’ordinateur ajoute, par exemple, des repères visuels sur l’image de la caméra, servant de guides au chirurgien.

Vivement applaudi par nos sociétaires, fortement impressionnés par cette conférence exceptionnelle, le professeur Scolozzi a répondu aux nombreuses questions qui lui ont été posées avant de recevoir, des mains de notre président, le traditionnel stylo Caran d’Ache en signe de reconnaissance pour son intervention consacrée à cette spécialité chirurgicale.

Texte Christophe Lyner

 

 

 

 

 

 

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