Visite de la base REGA et des pompiers de l’Aéroport de Genève
Le 27.08.25En 2025, la REGA a clôturé un vaste chantier d'une année et demie : la rénovation complète de sa base. Cela leur permettra de maintenir une efficacité opérationnelle pour de nombreuses années.
Ce mercredi soir, notre président Lukas nous attend devant la salle de presse de l’aéroport de Cointrin pour le contrôle de sécurité et la remise d’un badge, nécessaire afin d’accéder au périmètre sécurisé et de nous rendre en bus jusqu’à la caserne des pompiers.

Nous y assistons à une présentation du Service de Sauvetage et de Lutte contre l’Incendie des Aéronefs (SSLIA) par Monsieur Alain Métrailler. Anciennement dénommé SSA, ce service, composé de 200 sapeurs-pompiers professionnels, existe depuis 77 ans. Une permanence est assurée 24h/24 et 7j/7 afin de garantir un temps d’intervention inférieur à 3 minutes dans le périmètre de l’aéroport. Cependant, 85 % des interventions se déroulent en dehors de l’aéroport, avec un total de 8 300 interventions par an, soit en moyenne 22 par jour.
Nous apprenons de nombreuses choses passionnantes, comme par exemple qu’un avion dont le train d’atterrissage ne sortirait pas serait dérouté vers l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, qui dispose de plusieurs pistes. En effet, Genève-Cointrin ne peut pas prendre le risque de voir son unique piste d’atterrissage bloquée pendant plusieurs jours. Nous découvrons également que le SSLIA est compétent pour intervenir sur les aéroports de Prangins, Annemasse, Lausanne, Payerne et Sion.
Dans le bâtiment qui comprend la salle de conférence, une cuisine, un réfectoire et des dortoirs, se trouve un immense hangar abritant les véhicules. C’est là que Monsieur Métrailler nous présente ses collègues — au minimum 13 pompiers présents en permanence, organisés en quatre rotations d’équipes de 19 personnes. Il nous explique ensuite un grand tableau mural qui détaille l’agenda hebdomadaire des pompiers.

Le hangar abrite le matériel personnel, comme les casques balistiques et les gilets pare-balles, ainsi que du matériel médical et des ambulances. On y trouve également plusieurs camions à mousse, dont le plus moderne, le Sigma-13. Celui-ci est équipé d’un bras articulé avec une lance capable de perforer un fuselage et de projeter 10 000 litres par minute jusqu’à 100 mètres. Sa capacité de stockage est de 12 à 13 m³ d’eau qu’il peut mélanger avec un additif pour lancer de la mousse.
Le plus grand camion-échelle est équipé d’une échelle de 38 mètres. On y trouve aussi un petit véhicule à chenilles, un robot baptisé Kolossus, destiné aux interventions dangereuses, par exemple dans les parkings souterrains ou face à des colis suspects. Télécommandé à distance, il est capable de réaliser des sauvetages de personnes ou même de déplacer une voiture. Les pompiers peuvent également intervenir sur le lac grâce à un bateau basé à Versoix.

A 19h pile, tous les camions sortent de leur hangar en grandes pompes, tous feux allumés, avançant d’une centaine de mètres et projetant de l’eau avec leurs lances. Certains camions projettent même des jets de mousse sur la carcasse de l’avion d’entraînement. L’efficacité est impressionnante : tout paraît réel. Nous apprendrons plus tard que cet exercice est pratiqué à chaque changement d’équipe. Quelle chance nous avons eu d’être là au bon moment !
Après avoir remercié les pompiers pour leur superbe prestation, nous remontons dans le bus afin de traverser la piste d’atterrissage, longue de 4 km. En chemin, nous apercevons l’avion de la compagnie russe Aeroflot, immobilisé à Genève depuis le début de la guerre en Ukraine. Puis, devant l’alignement de jets privés stationnés près de la base de la REGA, côté Ferney, nous laissons libre cours à nos rêves de voyage.

Arrivés devant la base de la REGA, entièrement rénovée en 2025 et désormais largement vitrée du côté sud, nous sommes attendus par Caroline, Adrian et Mickael, qui nous accueillent à côté de leur nouvel hélicoptère Airbus H145 D3, reconnaissable à ses cinq pales.
Vingt et un de ces Airbus H145 remplaceront bientôt l’ancienne flotte, composée d’AugustaWestland Da Vinci et d’Airbus H125, répartie sur 15 bases permettant déjà d’intervenir en moins de 15 minutes partout en Suisse. Nous apprenons également que la REGA possède trois avions ambulance capables de rapatrier trois à quatre personnes gravement malades ou blessées depuis n’importe quel point du monde en deux escales maximums, sauf pour la Nouvelle-Zélande, qui nécessite une escale supplémentaire.
À la question « Quel numéro de téléphone faut-il appeler pour demander de l’aide à la REGA ? », nos membres répondent sans hésiter qu’il s’agit du 1414, ou qu’il est également possible d’utiliser l’application REGA pour smartphone, qui permet en plus de nous localiser. Caroline nous rappelle aussi que les donateurs de la REGA bénéficient d’une prise en charge des coûts des sauvetages non couverts par nos assurances. En effet, la REGA est une association à but non lucratif, soutenue par ses donateurs.
L’équipage de l’hélicoptère se compose de trois personnes : le pilote, le paramédic (aide-pilote) et le médecin. Ce dernier est anesthésiste, urgentiste ou chirurgien, et effectue des gardes de 24 heures. J’ignorais complètement que c’est toujours le médecin qui est hélitreuillé vers le blessé, et qu’il s’agit d’un employé des HUG, volontaire pour travailler à 50 % pour la REGA et à 50 % pour les HUG.
Aujourd’hui, nous avons la chance de rencontrer un équipage complet et de pouvoir photographier le nouvel Airbus sous tous les angles. Le paramédic nous fait également une démonstration de l’ingénieux mécanisme qui permet de sortir le brancard de l’hélicoptère par la porte arrière, grâce à un système de rails, tout en déployant les roues du brancard, sans bousculer le blessé.
Le H145, qui fait la fierté de son équipage, est un bimoteur équipé d’un pilote automatique à quatre axes, ce qui lui permet d’effectuer un vol stationnaire autonome. De plus, la possibilité d’utiliser des procédures d’approche assistées par satellite rend le vol plus précis, même par mauvaise visibilité et sur des terrains difficiles.
Son rotor à cinq pales réduit les vibrations et augmente sa portance, tandis que le rotor de queue caréné diminue le bruit et renforce la sécurité. Plus puissant et plus confortable, il peut transporter un blessé couché et deux personnes assises dans une cabine plus spacieuse et mieux équipée. Caroline souligne également son autonomie de vol d’environ 3,5 heures, contre 1,5 heure pour l’AugustaWestland Da Vinci.
Après cette superbe présentation, et sous les derniers rayons du soleil couchant, notre président Lukas remercie chaleureusement la médecin Caroline en lui remettant le traditionnel stylo Caran d’Ache.
Accompagnés par le personnel de l’aéroport, nous faisons à nouveau le tour de la piste en bus, cette fois du côté ouest. Ainsi, nous aurons effectué le tour complet du tarmac avant de rendre nos badges de visiteurs et de nous quitter, impressionnés par cette sortie incroyable.
Texte Christophe Lyner
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